Comment s’adresser à la personne avec autisme ?
Compte tenu des difficultés de perception auditive et d’intégration de l’information, on peut prendre un certain nombre d’habitudes qui vont faciliter la communication avec le jeune autiste : Se positionner en face ; appeler le jeune par son nom. Puis attendre un peu avant de lui parler, qu’il ou elle vous prête attention. Utiliser des phrases sans fioriture : ne pas dire « bon, et bien ça va être l’heure d’aller à la cantine » mais « c’est l’heure de la cantine ». Utiliser des phrases courtes : éviter les compléments, à moins qu’ils ne soient indispensables. Dire « prends ton cahier » au lieu de « va chercher ton cahier dans ton sac à dos ». Utiliser toujours les mêmes mots pour le même objet ou le même concept, par exemple ne pas dire « mets tes chaussures », et le lendemain, « mets tes baskets », et encore un autre jour, « mets tes tennis ». Faire un temps de pause entre les phrases (cf délai entre l’information et sa perception effective) : imaginez-vous en Angleterre ou en Allemagne et imaginez de quelle manière vous souhaiteriez que l’on s’adresse à vous. Parler un plus lentement que la normale et bien articuler. Utiliser des informations concrètes : ne pas dire « on part bientôt », mais, « on part quand la grande aiguille est sur le 12 ». Utiliser les phrases au présent. Eviter de dire « demain, on va à la piscine » si le jeune ne comprend pas le mot « demain » : cela générera une crise difficile à gérer, car il se préparera à aller tout de suite à la piscine. Appuyez-vous sur une visualisation du temps pour dire cette phrase. Pareil pour le passé : souvent les formes grammaticales du passé ou du futur ne sont pas comprises et l’enfant prend l’information pour du présent ; et à l’affirmatif : Souvent, le jeune avec autisme ne perçoit pas dans le flot de mots qui lui arrive les termes négatifs « ne pas ». Ne pas dire « tu ne vas pas dehors » mais dire « reste à l’intérieur ». Ne pas dire « tu ne touches pas la colle » mais dire « tu mets tes mains sur la table » ou « tu prends ton stylo ».
Mis à jour (Lundi, 23 Mai 2011 16:36)
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L’enfant a des troubles de comportement
Première chose : vérifiez que vous avez mis en place les outils de structuration de l’environnement, et du temps. Mettez en place une communication qui s’appuie sur le visuel.
Relisez les fiches sur « comment gérer un enfant autiste ». Si l’enfant a des troubles dans un environnement adapté à ses difficultés, et que les troubles persistent : sachez différencier besoin et envie. C’est simple : lorsque vous contrariez le comportement (en mettant les limites habituelles), si c’est un besoin, le comportement empire, si c’est une envie, il disparaît. Comment réagir ?· Il s’agit d’une envie :- vous posez la règle, ou bien l’explication. Le jeune doit savoir pourquoi telle ou telle chose lui est interdite.- vous proposez une alternative. Il ne s’agit pas de dire non, et d’attendre une obéissance aveugle. Vous devez donner l’équivalent de son comportement, mais en acceptable.
Par exemple, Jojo se masturbe en classe : votre réponse est un cadrage traditionnel. Vous dites : « Non, pas ici. Tu vas aux toilettes» ou « Non, pas au collège. ça se fait dans ta chambre, à la maison ». Même si au début l’opposition est forte, peu à peu, il acceptera l’alternative d’aller dans sa chambre quand nécessaire : c’est une envie.
Il s’agit d’un besoin : accompagnez-le dans ses besoins : - dédramatisez la situation - comprenez que s’il fait cela, c’est un moyen qu’il a trouvé pour gérer une situation intenable pour lui.- dites lui alors qu’il a un problème, que ce qu’il fait lui permet de résoudre le problème pour l’instant, et que c’est bien. Vous verrez probablement déjà un apaisement se produire.- dites lui que vous et lui allez réfléchir pour qu’il se sente mieux.- il y a des chances pour que ceci améliore déjà sensiblement en quelques jours la situation : il est entendu, il n’a plus de défenses à mettre en place, il peut concentrer ses ressources sur le problème qu’il doit résoudre. Par exemple, après avoir essayé plusieurs jours de faire travailler Emeline à sa table de travail, ses refus de s’asseoir se sont transformés en cris, coups de pieds ou jets de chaise. Vous pouvez lui dire « Je vois que c’est vraiment trop dur pour toi en ce moment, tu peux te mettre dans le coin repos pendant cette activité ». Si elle ne reprend pas l’activité suivante, elle a peut-être besoin de plus de repos. Vous pouvez peut-être envisager avec les parents qu’elle ne vienne que plus tard en classe, afin de dormir le matin. Il faut en tout cas discuter du problème et des solutions avec la famille, qui vous apportera un éclairage nouveau sur le problème. La résolution de ces problèmes se fait par essais, erreurs et réajustement constants.
Mis à jour (Lundi, 23 Mai 2011 16:34)
Si vous souhaitez faire une activité avec votre enfant autiste, pensez visualisation (voir sur le site la rubrique "Sites conseillés", "Jeux adaptés" et "aide visuelle").
De nombreuses personnes souffrant d’autisme ont beaucoup de mal à comprendre ce que vous dites : c’est difficile pour eux de différencier son et parole, de repérer plus que 2 ou 3 mots par phrases et aussi de retenir ce que vous avez dit. Appuyez vous sur une image ou une photo ou faites un dessin ou sur un mot écrit s’il lit. Par exemple si vous dites « pas sortir », accompagnez par un dessin de maison avec un petit bonhomme qui sort de la maison et barrez le bonhomme en rouge. Chaque fois que vous lui donnez la consigne, montrez lui le dessin. Appuyez vous sur une séquence de dessins/photos/images. Par exemple s’il doit aller chez le médecin l’après-midi vers 14h00, présentez lui l’image du déjeuner posée sur la table, et à droite celle du médecin (puis éventuellement celle du retour à la maison). Verbalisez : D’abord tu manges (doigt sur l’image correspondante), puis tu vas chez le médecin (id). S’il va passer le week-end chez sa tante, préparez par exemple un « mini calendrier » avec des dessins de lit avec la lune et les étoiles pour chaque nuit passée hors de la maison. La photo ou le dessin d’une maison lui permettra de comprendre qu’au bout de 2 nuits, il rentre à la maison. Concrétisez la tâche : s’il doit essuyer les comptoirs de la cuisine, dispersez dessus quelque chose que l’on voit pour qu’il passe l’éponge partout : sucre, miettes ; s’il doit ramasser les feuilles mortes, délimitez le périmètre à ratisser par le tuyau d’arrosage. De même pour une tache complexe , vous pourrez la séquencer en plusieurs images. Par exemple pour apprendre à se laver les mains, détailler toutes les actions en images (que vous ferez suivre à votre enfant ) ce qui ne vous empêchera pas de guider physiquement votre enfant s’il en a besoin (l’aider à ouvrir le robinet, à régler la température de l’ eau ……) Visualisez le temps que prend la tâche qu’il doit faire. Gardez en tête que des crises arriveront si l’enfant doit faire un effort et qu’il ne sait pas quand l’effort doit s’arrêter. Ce qui est visuel est concret. Si vous lui demandez de travailler la prononciation avec vous, par exemple, faites une liste des mots à répéter. Barrez chaque fois qu’un mot est dit. Il verra que le travail avance et qu’il a une fin. Attention ! Ne cédez pas à la tentation de rajouter un ou quelques mots si la séance s’est bien passée. Votre liste ne sera plus crédible. Si vous voulez par exemple travailler ½ heure le soir en rentrant de classe avec lui, préparez (comme dans la méthode TEACCH) 5 ou 6 petites tâches à l’avance. Par exemple : des formes à découper, un coloriage, un collage. Disposez chacun de ces exercices dans des paniers, ou bien sur des assiettes. Que la fin du travail soit une récompense (bonbon, carte TV, carte « partie de ballon », carte « séance câlins », ) S’il n’est pas possible de visualiser, utilisez un minuteur (timer) : « quand le minuteur sonne, tu peux regarder la télé ». Attention ! Respectez votre parole : dès que ça sonne, laissez le regarder la télé.
Mis à jour (Lundi, 23 Mai 2011 16:31)
Les Asperger sont fréquemment inhabiles physiquement. Ils sont rigides et ne réussissent pas très bien dans les jeux demandant des habiletés motrices. Leurs difficultés au niveau de la motricité fine cause également des problèmes de calligraphie, un ralentissement des tâches scolaires et des difficultés à dessiner ou à écrire.
Les suggestions:
Référer l'enfant Asperger à un programme d'éducation physique si les problèmes de motricité sont sévères. Impliquer l'enfant dans un programme d'éducation physique individualisé (natation, patinage libre) plutôt qu'un programme sportif de compétition. Ne pas exiger de l'enfant qu'il participe à un sport de compétition s'il a des difficultés de coordination motrice, cela pourrait engendrer de la frustration et de la tension avec les membres de l'équipe. Puisque les jeux de compétition impliquent des conventions sociales, il est difficile pour l'Asperger de les comprendre. L'Asperger peut bénéficier d'un programme individualisé en bricolage afin d'apprendre à tracer, copier, couper du papier, trier de petits objets etc. Lorsque vous fixez un temps limite pour effectuer un travail, assurez-vous que l'enfant possède assez de temps pour écrire et bien former ses lettres et ses chiffres. Les Asperger ont besoin de plus de temps que leurs pairs pour terminer un travail ou un examen. Laissez plus de temps à l'enfant ou dirigez-le en classe ressource avec un éducateur pour qu'il puisse vous démontrer son potentiel et ses acquis.
Mis à jour (Lundi, 23 Mai 2011 16:28)
Les Asperger ont des préoccupations excentriques ou bizarres, ainsi que des fixations intenses. Ils ont tendance à focaliser leur attention sur leurs intérêts ayant de la difficulté à les laisser de côté. Ils peuvent poser des questions répétitives seulement sur ces sujets. Ils suivent leur propre activité sans s'intéresser à d'autre sujet que celui qui les préoccupe.
Les suggestions:
Ne pas encourager l'enfant Asperger à persévérer dans ses discussions ou à questionner à plusieurs reprises sur son sujet d'intérêt. Limiter ce comportement en désignant un temps spécifique durant la journée où l'enfant pourra en parler. Cette période sera une partie intégrée dans la routine quotidienne et l'enfant apprendra rapidement à ne pas s'adonner à ses intérêts lorsque la période ne s'y prête pas. Utiliser l'attention sélective afin de façonner un comportement désiré. C'est-à-dire le féliciter lorsqu'il est attentif aux demandes ou lorsqu'il converse avec un élève sur un sujet différent de ces préoccupations. Par le fait même, ignorer ou élaborer un contrat de comportement pour ses attitudes de persévérance envers un sujet spécifique. Quelques enfants ne voudront pas effectuer des travaux autre que leur sujet d'intérêt. Des attentes fermes doivent être mises en place pour que l'enfant complète son travail scolaire. Il doit être clair que l'enfant n'a pas le contrôle et qu'il doit suivre des règles spécifiques. A d'autres moments, il sera important d'instaurer des périodes où l'enfant pourra avoir l'opportunité d'explorer ses intérêts personnels. Pour des enfants plus rebelles, il sera peut-être nécessaire d'individualiser tous les travaux autour de leur sujet d'intérêt et graduellement introduire d'autres sujets. Utiliser la fixation de l'enfant pour diversifier son répertoire d'intérêts. Par exemple, lors d'un cours d'écologie un enfant qui s'intéresse grandement aux lions peut étudier l'animal en soi, mais aussi son alimentation, son mode de reproduction, son habitat, ses ressemblances ou ses différences d'avec le tigre ou l'éléphant. Faire un poème sur les lions ou faire des mathématiques en utilisant les lions comme médium. Mis à jour (Lundi, 23 Mai 2011 16:25)
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